Jéricho

Pourquoi Jéricho ?
Jericho Paltrips

© Qais Assali pour paltrips.ps

Jéricho a pour réputation d’être l’une des plus vieilles villes du monde. Son épaisseur historique l’investit d’un enchantement particulier : les ruines d’un palais des plaisirs Omeyyade dans le désert côtoient d’antiques mosquées ; les racines païennes de la ville – encore présentes dans son surnom de ville de la lune – lui confèrent une place particulière dans l’imaginaire local, tout comme la présence d’un casino désaffecté anciennement destiné à la population israélienne.

Le choix du lieu de cette résidence est au cœur du nom d’el-Atlal. Jéricho s’est construite et déconstruite au fil du temps, et son histoire laisse derrière elle des ruines dont certaines ont servi à la rebâtir, et d’autres demeurent en l’état. Faites et défaites sans systématisme et sans véritable projet urbain, les rues de Jéricho reflètent la capacité de cette ville à se régénérer spontanément et perpétuellement. Cette juxtaposition d’usure et d’exubérance fait la force de Jéricho aujourd’hui, et laisse pressentir un lieu riche d’inspirations pour qui souhaite créer. C’est là le vœu d’el-Atlal : que les artistes et les écrivains invités trouvent à Jéricho et auprès de ses habitants le même élan que la ville met à se construire, afin qu’elle puisse se réaliser comme creuset artistique et culturel en Palestine. C’est pourquoi il importe qu’el-Atlal, dès ses débuts, s’implante dans la ville, autant par sa construction que par ses actions.

Géographiquement, Jéricho est une interface : à mi-chemin entre les villes du nord de la Cisjordanie telles que Ramallah et celles du sud, telles que Bethléem, Jéricho est également le point d’entrée dans le territoire par la Jordanie. À ce titre, et pour la plupart des Palestiniens qui ne peuvent quitter le pays que via l’aéroport de Amman, Jéricho est une interface entre la Palestine et le monde.

Le triangle d’or culturel de la Palestine se situe entre Jérusalem-Est, Ramallah et Bethléem. En choisissant d’intégrer Jéricho non plus comme périphérie de ce triangle mais comme centre, el-Atlal crée une nouvelle dynamique culturelle. Dans le même moment, el-Atlal se pose au centre de ce triangle d’or, à vingt minutes de Jérusalem-Est, tout en sortant les touristes de leur trajectoire habituelle.

De la même manière, cette initiative donnera aux habitants de la ville l’opportunité d’avoir accès à un espace d’exposition et de discussion avec des artistes qui, sans cela, ne viendraient pas dans cette ville : el-Atlal est une opportunité pour échanger et dialoguer.

 
 

Toutes les photos de Jericho © Qais Assali pour paltrips.ps